Dimanche 7 décembre 2008 7 07 /12 /2008 02:15

Les semaines passent et finalement les mois et la seule chose que je sais, c’est que je ne sais rien. Romane est un mystère, sa personnalité un trésor à découvrir et redécouvrir encore.

 

Il y a des saisons, au gré de ma forme, au gré de ses humeurs, des choses qui lui paraissent vraisemblablement plus importantes, et qui m’échappent parfois… je suis devenue une adulte. Des saisons donc… la pluvieuse, où je désespère, l’ensoleillée où tout est simple, facile, intuitif, la relax où je lui mets des couches et on va au gré du vent.

 

La nuit reste somme toute très simple. Elle me réveille une à trois fois pour faire ses besoins. Le rituel pipi avant de monter en voiture est toujours judicieux. Au départ et aux retour de sorties aussi. En fin de sieste également. Et pour le reste, parfois je décèle des jambes bizarrement raides, d’autres elle semble très irritée ou bien elle pousse des petits cris en me regardant, alors je comprends qu’elle se retient. Deux fois elle m’a emmené aux toilettes, bon par contre, c’était pour changer sa couche… mais voilà, je zig-zague… et parfois, elle est si occupée à étudier le monde que j’ai cessé d’aller la déranger. Advienne que pourra !

 

Curieusement, c’est dans les moments les plus border-line que ça se passe le mieux. Si je pars une poignée de jours en oubliant la moitié des changes, ou si on est en vadrouille sans point de sécurité WC. Là, eh bien y a pas de problème… elle gère.

 

Bon, les moments où l’on est dans le creux de la vague… On s’y sent seul… on se demande si les autres n’ont pas finalement raison, si ce n’est pas une complication, on se dit alors que les couches ont été inventées pour cette raison. On se crispe, on insiste, on se prend la tête, on s’épuise, bref, en fait ça va pas bien du tout et c’est un signal d’alerte.

 

Mais l’hygiène naturelle c’est parfois aussi du surf. On comprend le mot « liberté » et c’est une vraie jouissance de vivre cette communication. Ma fille a douze mois mais elle a mille choses à me raconter. Nous nous inventons des signes, on se fait des mimiques, des bruits, on s’arrange pour se comprendre. Je ne fais rien pour elle, je tâche de faire les choses avec elle, et je lui prodigue les soins nécessaires à l’hygiène que j’estime nécessaire : ne pas rester dans des souillures au même titre que la détente du corps. Evidemment, il m’arrive d’attendre qu’elle vienne me réclamer de la changer, de tarder, il y a des jours où le bain passe à la trappe, et je pratique l’art du massage avec la fréquence de l’anecdote (quand ça me prend en vérité, je ne sais pas donner dans l’obligation). Le but n’est pas l’hygiène de la peur du microbe, mais l’hygiène du toucher échangé, des sensations, du don, ces choses-là qui font qu’un corps est heureux dans sa peau…

Par Adriane Carette - Publié dans : Hygiène naturelle du bébé
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Commentaires

Très belle explication de vos relations et de la vie avec un tout petit quand on ne veut pas tomber dans l'organisation hachée du temps prônée par les bouquins !
Commentaire n°1 posté par Lyjazz le 22/12/2008 à 11h55
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